Une solution marine pour nos crèmes solaires
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains poissons nagent sans crainte sous le soleil éclatant, tandis que nous devons sans cesse nous appliquer de la crème solaire ? La réponse réside dans un composant naturel appelé gadusol, présent chez plusieurs organismes marins comme les poissons, les oursins, les coraux et les algues. Ce composé agit comme un filtre UV et possède également des propriétés antioxydantes, ouvrant la voie à une nouvelle génération d’ingrédients de protection cutanée.
Comment le gadusol protège les organismes marins
Chez les espèces aquatiques, la peau ou les écailles contiennent parfois des pigments qui absorbent les rayons ultraviolets. D’autres, comme les embryons de poissons, sont vulnérables et reçoivent directement le gadusol de leurs mères. Cette molécule filtre les UV, empêche la formation de radicaux libres et préserve l’intégrité cellulaire. En résumé, elle joue le même rôle que les crèmes solaires que nous appliquons, mais de façon innée et permanente.
De la mer aux laboratoires : la biotechnologie au service du soleil
Extraire le gadusol de la nature serait coûteux et écologiquement lourd. Pour surmonter ce problème, des chercheurs chinois ont transféré le chemin biologique de production du gadusol, originellement découvert chez le poisson zèbre, dans la bactérie Escherichia coli. Après optimisation génétique et ajustement des conditions de culture, la production a explosé : de 45,2 mg/L à plus de 4,2 g/L, soit une hausse de près de 93 fois. Cette avancée permet d’envisager une fabrication industrielle durable, capable de répondre à la demande croissante d’ingrédients solaires d’origine naturelle.
Au‑delà de la protection UV : un antioxydant prometteur
Les premières évaluations montrent que le gadusol ne se contente pas de bloquer les UV ; il neutralise également les radicaux libres, fonctionnant comme la vitamine C. Cette double action est particulièrement intéressante pour les produits de soins de la peau, car elle pourrait réduire les signes de vieillissement prématuré induits par le soleil. De plus, les scientifiques ont mis au point un test visuel où une solution passe du violet au jaune lorsqu’elle capture des radicaux libres, facilitant le dépistage de souches bactériennes hyperproductrices.
Vers une crème solaire plus respectueuse de l’environnement
Les filtres UV synthétiques traditionnels peuvent provoquer des irritations cutanées, s’avérer toxiques pour les organismes marins et dépendre de ressources pétrochimiques. Le gadusol, quant à lui, représente une alternative potentiellement biodégradable et non irritante. Bien que la molécule ne soit pas encore commercialisée dans les rayons, les résultats prometteurs des tests in vitro la placent parmi les candidats majeurs pour les futures formulations cosmétiques.
Source: https://scientias.nl/wordt-onze-zonnebrandcreme-straks-gemaakt-door-vissen/